Portrait de Françoise de Graffigny par Pierre-Augustin Clavareau
Portrait de Françoise de Graffigny par Pierre-Augustin Clavareau, conservé au Musée du Château de Lunéville, photographié par Françoise Cahen

Pour le deuxième épisode du podcast Du côté des autrices, Mathilde Doiezie a choisi un extrait des Lettres d’une péruvienne de Françoise de Graffigny, immense succès de son époque, ayant permis à son autrice de faire une véritable carrière littéraire, avant de tomber dans l’oubli jusqu’aux années 1970, quand son œuvre fut redécouverte pour ses qualités littéraires et pour la place qu’elle mérite de toute évidence dans l’histoire des idées.

Où lire Françoise de Graffigny en ligne ?

Pour le moment, la seule œuvre de Françoise de Graffigny que nous avons pu trouver en version électronique gratuite disponible en mode texte sur le web est les Lettres d’une Péruvienne. Plus précisément, il s’agit d’un exemplaire conservé par la Bibliothèque de France, numérisé sur Gallica, de l’édition A. Peine de 1747. Il a été intégralement relu par deux personnes sur Wikisource, en avril puis en juillet-août.

On trouve plusieurs autres exemplaires numérisés de cette édition sur le web, un autre sur Gallica, deux sur archive.org (ici et ) et deux sur Google Books (ici et ). Il est assez surprenant qu’à l’inverse, la version de 1752, dernière édition revue par l’autrice, choisie comme référence par Rotraud von Kulessa pour son édition chez Classiques Garnier en 2014, soit peu disponible sur le web : les deux tomes sont disponibles sur archive.org mais seul le second l’est sur Gallica. C’est cette version que nous avons modernisée pour déposer sur la plateforme Le deuxième texte les extraits de la trente-troisième lettre choisis pour le podcast. Vous pourrez découvrir les différences entre ces deux versions dans cette comparaison réalisée à l’aide de l’outil MEDITE de l’Obvil.

La trente-quatrième lettre étant disponible sur scribaePub, dans une édition électronique réalisée en fin d’année 2018-2019 par la classe de seconde de Claire Longère, dans le cadre du défi #JeLaLis, elle peut aussi être propice à une étude en classe.

Nous vous partageons d’autres ouvrages de Françoise de Graffigny dont nous avons trouvé des versions numériques en mode image, avec éventuellement un texte non corrigé obtenu par reconnaissance optique de caractères. On trouve notamment les pièces de théâtre Phaza et Ziman et Zenise sur Gallica, et Cénie, son autre grand succès, sur archive.org. Toutes trois sont disponibles dans le tome 4 de Théâtre de femmes de l’Ancien Régime. Trois éditions de 1759 de la comédie La fille d’Aristide sont disponibles sur Google Books (ici, ici et ). D’autres œuvres, comme Le fils légitime sur Google Books, sont parfois attribuées à Françoise de Graffigny, ce qui est sujet à débat comme le montre la Wikipédia anglophone. Elles ne sont pas retenues dans les biographies de l’autrice rédigées par des expertes, comme celle du Dictionnaire des Femmes de l’ancienne France de la SIEFAR.

Sur les traces de Françoise de Graffigny

Françoise de Graffigny eut aussi beaucoup de succès par sa correspondance, et notamment par les lettres qu’elle écrivit à son ami Devaux pendant les quelques mois qu’elle passa à Cirey, demeure de Voltaire et d’Émilie du Châtelet. Cette lecture offrant de nombreux détails sur la vie intime des deux philosophes a pendant longtemps permis à Graffigny de rester présente dans l’histoire littéraire, même si la première publication de ces lettres, en 1820, a été entachée de falsifications. La redécouverte de ses œuvres et de son immense réseau a eu lieu notamment grâce à la publication de sa correspondance par la Voltaire Foundation entre 1985 et 2016.

Si vous voulez découvrir ses ouvrages dans leurs éditions anciennes, profitez de la visite du superbe Château de Lunéville, haut lieu de l’ancien Duché de Lorraine ! Il abrite désormais la donation du bibliophile Pierre Mouriau de Meulenacker et un portrait de l’autrice par Pierre-Augustin Clavareau, donné en 2011 par l’association des Amis du château de Lunéville et de son musée. La bibliothèque Stanislas, à Nancy, conserve aussi quelques éditions anciennes et autographes, décrits dans cette publication de la responsable Conservation et Fonds anciens Mireille François.

 

Illustration : Gwladys Le Roy